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Emission
A Bon Entendeur, Télévision Suisse Romande
Sushi
Train classé en tête des restaurants
japonais
de
Suisse Romande selon l'enquête d'ABE
A
Bon Entendeur
Il est composé de poisson cru sur un lit de riz vinaigré. Parfois, le sushi est enfermé dans une feuille d'algue. En fait, il en existe des centaines de sortes, certains sont à base de poisson cuit, d'autres ne contiennent pas de poisson mais uniquement des légumes. On utilise aussi les œufs de poissons, des crustacés ou des fruits de mer.
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Tokyo et sa banlieue, c'est 30 millions de personnes qu'il faut nourrir. A défaut de terres arables suffisantes, le Japon importe beaucoup, mais exploite aussi les richesses incomparables de l'océan. Tsukiji, en plein cœur de Tokyo, est le plus grand marché de poissons de la planète devant celui de Rungis dans la région parisienne. C'est ici que s'achètent et se vendent, surtout à l'aube, quelques 450 sortes de poissons. 28'000 tonnes de produits de la mer y transitent quotidiennement, la moitié a été pêchée aux alentours du Japon, l'autre provient du reste du monde. 60 mille personnes travaillent ici chaque jour, sauf le dimanche, pour alimenter la capitale, mais aussi le reste de l'archipel. Autour du marché, comme partout au Japon, on trouve des sushi-ya, ces toutes petites échoppes où l'on déguste des sushis directement au comptoir. Ici, la préparation est une affaire de famille. Les frères Irino fabriquent les sushis quelques minutes avant qu'ils ne soient consommés. Difficile de trouver plus frais. Il faut dire qu'ils choisissent très soigneusement leurs produits. Devenir cuisinier japonais, c'est un long apprentissage qui dure environ sept ans. Pendant les trois premières années, l'apprenti cuisinier n'a pas le droit de toucher au poisson. Il fait la vaisselle et observe la préparation assurée par son maître. Ensuite, il peut apprêter les légumes et préparer la soupe. Enfin seulement, il apprend à choisir le poisson, à le nettoyer et à l'écailler. Un sushi sans riz et sans wasabi, ce n'est pas un vrai sushi. Le wasabi est une sorte de raifort japonais, mais il s'agit en fait de racines de cresson râpées. C'est un condiment très corsé. Le Japonais lui prête des vertus antiseptiques. Quand il est frais, le wasabi freinerait la prolifération bactérienne. C'est seulement au terme de sa formation que l'apprenti cuisinier pourra enfin découper le poisson pour en faire des sushis. Cet apprentissage strict est le meilleur garant d'une cuisine de qualité dont une des règles maîtresses est l'hygiène. Shigehiro Irino, cuisinier, le confirme: " L'hygiène, c'est vraiment le plus important dans la préparation des sushis… On est donc très attentifs à cela… on nettoie régulièrement les couteaux, les planches, tout le matériel." En fait, il ne s'agit pas d'un métier comme un autre. Au Japon, la fabrication du sushi est considérée comme un art au même titre que la calligraphie ou l'Ikébana. Le maître sushi n'est pas un cuisinier, mais un artiste. Shigehiro Irino ajoute encore que "le sushi, c'est la culture du Japon… et à mon avis, c'est la meilleure façon de manger le poisson… ." C'est donc par goût que les Japonais sont devenus des empereurs dans la manière d'apprêter le poisson cru. Les Romands aiment les sushis La fabrication
traditionnelle est celle qui garantit aux sushis le goût le plus authentique. Comme le poisson se mange cru, il doit
absolument est très frais. La sélection de la matière
doit donc se faire de manière très sévère
pour éviter tout risque d'intoxication. Mais les sushis, au Japon comme ici, sont un luxe qui n'est pas forcément à la portée de toutes les bourses. Il faut préciser que pour avoir un bon cuisinier japonais, il faut lui offrir un bon salaire et que la matière première de ces mets à base de poisson cru n'est pas bon marché au départ : " On ne garde que les meilleurs morceaux, 40 ou 50% du poisson au maximum". Tout le reste, tête, queue et bas morceaux, sera jeté. Bref, seules les parties nobles du poisson sont servies au client. Les nutritionnistes
vous le diront, la cuisine japonaise est très
saine, c'est peut-être ce qui explique que Madame Yamakawa, bien
qu'ayant dépassé l'âge de la retraite, conserve
l'énergie et la finesse d'une jeune fille. Laurent
Isoux, grossiste poissonnier chez Gastromer explique qu'" avec
l'évolution qu'on a eu sur toute la logistique, tant par avion
que par camion, on reçoit un peu du poisson du monde entier.
Il provient beaucoup de France, par proximité, surtout sur
les petites pêches. On reçoit aussi du poisson de Nouvelle-Zélande,
du Portugal, des Açores, des Etats-Unis, un peu de partout,
quoi... . Bien sûr, la qualité première de la
cuisine japonaise, c'est comme pour tous nos clients, c'est la fraîcheur,
mais je dirais que le cuisinier japonais ne regarde pas que le côté fraîcheur,
il y a aussi le taux de gras dans le poisson… ça va un petit
peu plus loin dans la recherche. |
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Nous avons choisi les restaurants ou les traiteurs qui font la vente à l'emporter. En Suisse romande, on les trouve, pour l'instant, surtout à Genève et Lausanne. Nous avons fait des prélèvements selon la méthode habituelle et nous avons demandé au laboratoire de mesurer les germes totaux et de vérifier si les sushis contiennent des germes pathogènes, c'est-à-dire qui sont dangereux pour la santé. Comme par exemple les Escherichia coli, les staphilocoques dorés, ou le bacillus cerus dont les toxines peuvent rendre très malade. Bonne nouvelle, aucun des échantillon testé ne contenait de germes dangereux. L'autre indicateur de fraîcheur, c'est le nombre de germes aérobies. Ces germes sont naturellement présents dans l'air ambiant et dans les aliments. Il est donc normal d'en trouver. Mais il y a des limites. Si leur concentration est trop élevée, c'est que les règles d'hygiène et de conservation n'ont pas été sérieusement respectées (mains sales, outils mal nettoyés, etc…) ou que la matière première n'était pas fraîche, ou encore que le poisson commence à être avarié parce qu'il a été conservé à une température trop élevée. Le Laboratoire du service de protection de la consommation à Genève a analysé les sushis sous la direction de Claude Corvi, chimiste cantonal. |
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Pour Claude
Corvi, ces résulats démontrent une proportion
trop élevée de germes, qui ne correspond pas à ce
qu'il avait déjà observé il y a quelques mois.
Une campagne avait été menée, au cours de laquelle,
il n'avait pas observé de situation aussi préoccupante
que celle-ci. On peut se demander ce que l'on risque si l'on consomme l es 4 derniers
produits de ce test. Selon Claude Corvi, " normalement,
vous ne risquez pas grand-chose au niveau de la santé, dans
la mesure où ce sont des germes banaux, c'est-à-dire
qu'ils ne sont pas toxiques pour l'être humain. Simplement, cela
traduit une altération du produit quand ce nombre devient trop élevé." Les intoxications les plus fréquentes s'observent avec le thon, souvent utilisé pour les sushis. Les bactéries de putréfaction libèrent une toxine, l'isthamine, qui provoque une allergie spectaculaire sous forme de plaques d'urticaire. Ces plaques rouges peuvent migrer sur tout le corps. C'est désagréable mais en principe sans conséquence grave. Pour résumer notre test : le laboratoire n'a pas trouvé de bactéries pathogènes dans les sushis. Par contre, 4 échantillons sur 11 étaient dégradés ou très dégradés. Nous avons voulu savoir si le restaurateur qui affiche le plus mauvais résultat était surpris et s'il avait une explication. Explications d'un restaurateur... Monsieur
Chong, du restaurant Fuji, a tout d'abord été très
surpris : " on a pris des mesures, on a changé même
de fournisseur. Moi je déconseille aux gens de prendre des plats à l'emporte.
Le sushi, c'est un met délicat, il faut le manger sur place… Comme
tout le monde le sait, le poisson, est un met très périssable,
les microbes aussi se multiplient très vite, comme la température
est très élevée…". Leurs sushis ont pourtant été vendus à 17°....,
et, selon Monsieur Chong, c'est à cause de plusieurs facteurs
: "c'est comme avec le riz, lorsqu'on cuit le riz, ensuite on met
les ingrédients. On ne met jamais le riz dans le frigo, car
il devient trop dur, après c'est immangeable, pour les sushis
c'est très mauvais. C'est pour ça qu'on cuit le riz par
petites quantités et on voit s'il y a de la demande, au fur
et à mesure.". |
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| ...
et de Migros
Mauvais carnet également pour le géant orange. Guy Vibourel, directeur de Migros Genève, répond aux questions d'Isabelle Moncada. |
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| Un des mauvais résultats concerne la Migros, alors, qu'est-ce qui s'est passé ? | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Lorsque
nous avons vu vos résultats,
nous avons été surpris, comme vous, nous avons été contrariés,
et puis, tout de même, nous avons été rassurés.
Surpris et contrariés parce que nous avions pris des mesures de
protection pour ces produits. Migros ne fait pas de véritables sushis,
puisque nos sushis ne sont pas faits avec des produits crus mais avec des
produits fumés ou cuits. Nous avions, par ailleurs, sensibilisé notre
fournisseur sur les problèmes d'hygiène, sensibilisé notre
personnel sur les problèmes de température… et malgré tout,
il y un problème! Nous avons été rassurés,
tout de même, parce que ce n'est pas un problème d'hygiène.
Il ne s'agit heureusement pas de germes pathogènes, dangereux pour
la santé, mais de germes aérobies mésophiles qui se
développent lorsqu'il y a eu un problème de chaîne
du froid. C'est effectivement ce qui a dû se produire, à un
moment ou à un autre. |
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| Et s'il s'agissait de poisson cru ? | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| C'est
pour ça que nous n'en faisons pas.
Nous avions anticipé le problème que pose le poisson cru
et avons pris la décision de ne pas aller dans cette direction.
Sur la question des germes mésophiles aérobies, vous savez
qu'il y a des tolérances très larges, puisque pour des valeurs
comprises entre 100'000 et 10 millions, le produit est encore consommable.
Evidemment, 3 millions 400'000, c'est énorme pour des consommateurs,
mais ce n'est pas dangereux pour la santé. |
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| Vous dites qu'il y a eu un problème de chaîne du froid. Quel problème, comment l'expliquez-vous ? | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Vous
savez que la chaîne du froid,
c'est un ensemble de séquences les unes après les autres.
Si, à un moment donné, il y a un maillon fragile, le produit
peut s'altérer. Où peut-il y avoir un maillon fragile?
Il peut se trouver au début, au moment de l'emballage, au moment
de la production, ou encore au moment de la mise en rayon. |
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| Que s'est-il passé chez vous, le savez-vous ? | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Chez
nous, il peut y avoir eu un problème
de mise en rayon. Simplement, les sushis restent quelques instants sur
les cartons, sur la palette, avant d'être mis dans le meuble réfrigéré.
Ca suffit pour qu'il y ait un commencement de développement de ces
germes. |
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| C'est bien là le problème! Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que la Migros se retrouve en butte aux questions d'ABE pour une question de température, que ce soit pour du poisson cru ou pour du poisson fumé ou cuit ? | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Tout à fait. Le problème de la
chaîne du froid est extrêmement complexe. Nous y revenons régulièrement.
A chaque fois que vous nous alertez, nous intensifions les contrôles.
Pour ce problème des sushis, la première chose que nous avons
faite a été d' arrêter la vente. C'était
immédiat. Nous avons alors repris la question depuis le départ,
c'est-à-dire depuis la production et jusqu'à la livraison.
A la production, nous avons demandé à notre fournisseur d'abaisser
la température de ses produits avant leur emballage. Puis, nous
lui avons demandé de les emballer sous atmosphère contrôlée,
c'est-à-dire de retirer l'air, mettre un gaz neutre, inerte, de
l'azote par exemple, ce qui va éviter la prolifération. Ensuite,
nous avons sensibilisé nos équipes en les rendant attentives
au fait que sitôt arrivés, ces produits ne doivent pas attendre.
Il faut tout de suite les mettre dans les meubles réfrigérés.
Et enfin vient le contrôle des meubles qui est un élément
permanent. |
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Cette question de la chaîne du froid revient à chaque fois. Espérons que les promesses faites au fur et à mesure des émissions seront tenues ! |
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| Ce
ne sont pas que des promesses, nous agissons et mettons en place des
plans d'actions. Bien sûr, ça ne se
fait pas en un jour, il faut du temps pour changer l'ensemble du mobilier
mais les mesures ont été prises. Cependant, un accident peut
toujours se produire dans la chaîne du froid. C'est pour cette raison
qu'il faut sans arrêt revenir sur la question et, sans arrêt,
tenir informé l'ensemble des acteurs de cette chaîne du froid. |
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Les conseils d'ABE La règle veut que les sushis soient fabriqués quelques instants avant d'être consommés. Comme on l'a vu, ce n'est pas toujours le cas. Les sushis à l'emporter peuvent être préparés quelques heures avant d'être vendus. Il existe même des machines à fabriquer les sushis. Evidemment, là on quitte l'artisanat pour tomber dans une forme d'industrialisation, mais pourquoi pas si ça permet d'en baisser le prix. Cela dit, artisanat ou pas, les règles d'hygiène, de conservation et de fraîcheur du produit ne supportent aucune entorse. Alors, n'hésitez pas à poser des questions et à exiger, pourquoi pas, de jeter un coup d'œil par la porte de la cuisine, ce n'est pas impoli. Au Japon, dans les sushis bars, on cuisine bien sous vos yeux !
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